Vous avez remarqué le retard qu’a pris cet article avant d’être publié. C’est parce que j’ai été au cinéma spécialement pour vous. Non, je n’ai pas été voir The Good German, je ne suis donc pas en mesure de vérifier si ce que j’ai dit dans mon article est vrai. Si vous l’avez vu, je serai content que vous m’en parliez. Le film n’a pas reçu de très bonnes critiques mais c’est votre opinion qui m’intéresse. Bref, je suis allé voir El Laberinto del Fauno, fauno désignant une créature mythologique très proche de la nature, qu’on a traduit par pan dans le titre français, dieu grecque de la nature.
À première vue, il s’agit d’un très bon film qui allie bien une sorte de conte de fée moderne à un contexte historique malheureux. Tout ça jusqu’à un certain moment où on dirait que même Monsieur Guillermo Del Toro ne sait plus s’il fait un film fantastique ou un autre film de monstres comme il sait si bien en faire. C’est le seul véritable reproche que l’on peut faire au film mais il se ratrappe tant bien que mal vers la fin. Le film est réussi dans la mesure où c’est à partir de la perception de la petite Ofelia, personnage central du film, que l’on est témoin des événements la plupart du temps. Cela rentre aussi dans le fait que le film est partagé entre deux univers.
Point de vue visuel, c’est un film magistralement bien filmé et l’image est soignée. Il est intéressant de noter qu’on se sert des arbres comme de moyen de transition entre les scènes et c’est comme si l’on tournait les pages d’un livre avec l’impatience de connaître la suite des péripéties. Je vous laisse le soin d’aller y voir vous-même.
Si je m’arrête pour parler des effets sonores, c’est pour signaler qu’il y a eu exagération. Je n’ai rien contre les bruissements des feuilles ou le battement d’ailes d’une certaine petite créature. Parcontre, tout ce qui est fait de caoutchouc produit un son trop amplifié. Chaque fois que le capitaine remue les doigts dans ses gants, on l’entend comme si c’était la seule chose qui faisait du bruit dans la scène. Finalement, le scénario bien construit nous laisse réfléchir sur la fin et j’en ai tiré moi-même trois interprétations différentes.
Si je dis « à première vue », c’est parce que suite à ma sortie au cinéma, j’ai loué El Espinazo Del Diablo, autre film écrit, réalisé et produit par Guillermo Del Toro, sorti en 2001. Il n’est pas à cacher que je l’ai préféré à El Laberinto Del Fauno. Del Toro a dit lui-même qu’il s’agissait de deux films annexés. Le fait est que l’on parle ici de la même histoire. Je n’ai rien contre les réalisateurs qui trouvent leur propre style, loin des films hollywoodiens, comme Tim Burton, qui incorpore souvent des éléments récurents dans plusieurs de ses œuvres. (Justement, Guillermo Del Toro nous a fait comprendre avec El Laberinto Del Fauno que Tim Burton est devenu une source d’inspiration au même titre que les contes des frères Grimms ou la mythologie.) Mais il y a une limite a nous lancer le même film à six années d’intervalle.
Les deux films s’ouvrent sur un enfant qui meure. Peu de temps après cette scène, on nous montre un enfant qui arrive dans un endroit et qui est forcé d’y vivre contre son gré à cause, directement ou indirectement de la guerre civile. Dans cet endroit, il est sur le point de survenir un retournement de situation qui n’est pas la faute du personnage central, car celui-ci, pendant ce temps, ne se préoccupe que de l’univers fantastique qui le protège de la dure réalité. Parmi les personnages, il y en a un, malhonnête, qui possède une cachette dont il ne partage le secret qu’avec une seule autre personne, à l’intérieur même de cet endroit, qu’il s’agisse de l’orphelinat ou de la maison du capitaine.
Un point fort de El Epinazo Del Diablo est qu’au contraire de son sosie, il sait où il va. Encore là, on nous présente un magnifique contenu visuel, aucune exagération au niveau du son et un excellent film d’horreur comme il ne s’en fait plus. D’un autre côté, il n’y a pas de place pour la réflexion, il n’y a aucun doute quant à l’existence des phénomènes surnaturels dont est victime le personnage central.
Conclusion : Les deux films sont bons, mais si vous aimez vous faire servir le même film deux fois de suite, allez louer Evil Dead 1 et 2 que j’ai particulièrement adoré et si vous voulez comprendre ma parenthèse sur Tim Burton, louez Beetlejuice avant ou après avoir vu El Laberinto Del Fauno.
P.S. : Au cas où vous auriez voulu que j’en fasse mention. Du 15 au 25 février (bientôt fini), c’est la 25e édition des rendez-vous du cinéma québecois à la cinémathèque de Montréal. Il n’y a pas grand chose à dire de plus que ce qui est sur le site.
http://www.rvcq.com/fest.f/2007/
Francis Sercia
Bravo, je lis votre cronique assidument et je trouve vos commentaires tres interessant.
Bonito texto, buen contenido, la película suscita mi interés! ¡Buen descanso en las islas! hasta pronto!!!
Je suis en parti d'accord avec toi pour se qui concerne la ressemblance entre les deux films, mais je trouve que Le labyrinthe de pan est bien mieux réalisé et beaucoup plus choquant que son prédécesseur L'échine du diable. Au niveau du bruitage , je crois d'apres moi que si les sons des gants du capitaine sont accentués c'est une facon de montrer son autorité et sa mentalité de fachiste. Bref d'apres moi ce film est une suite bien construite et un acheminent de l'oeuvre.